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 « Je veux que tout soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir » ∆ Flash-Back

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Je me nomme
Yolanda Yeabow

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Admin

✝ Arrivée à Vienne : 18/09/2012
✝ Sorts : 224
✝ Baguette : bois d'if et plume de phoenix



MessageSujet: « Je veux que tout soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir » ∆ Flash-Back   Lun 11 Mar - 21:35



Je veux que tout soit aussi beau que quand j'étais petite...
★... Ou mourir




Feat
Yolanda Yeabow
Théodore Crewe ▬ Jonathan Crewe
...
C'est en janvier. Sept heures du soir. Il pleut affreusement dehors, il y a beaucoup, beaucoup de vent, et l'orage se prépare. Yolanda Yeabow et Jonathan Crewe ont six ans. Théodore a sept ou huit ans. Le RP se passe dans les années 1910, au Manoir Yeabow, en Angleterre.






« Papa, qui sont les gens que nous allons recevoir ? Est-ce que je les connais ? Dites-moi, Papa, est-ce que ce sont des invités importants ? »

Yolanda Yeabow, enfant, n’avait pas peur de poser des questions à son père, parce qu’elle savait, évidemment, qu’il lui répondrait, et ensuite qu’il lui formulerait une réponse claire et satisfaisante. Il arrivait aussi que ce grand homme brun lui sourie, sincèrement, et alors la petite fille aimait lui rendre ces sourires-là.
Sa mère, elle, ne savait pas aussi bien répondre aux questions.

« William Crewe et sa famille, Yolanda. C’était un grand ami à moi à Poudlard, quelqu’un de très bien, que j’aurais beaucoup de plaisir à revoir. Puis ta mère et moi avons à nous entretenir avec les Crewe. C’est assez important. » Il reprit. « Les Crewe ont deux fils, Yolanda, qui doivent avoir ton âge, et je compte pour toi pour ne pas les embêter, et être gentille avec eux, n’est-ce pas ? Tu les emmèneras jouer avec toi ? »

On ne pouvait rien refuser à cet homme-là. Dans son regard nuancé saillait toute la vigueur de ses quarante ans, doublée d’une profondeur sereine et d’une grande tendresse. C’était un homme qui avait vécu, et la petite fille, malgré son jeune âge, était infiniment sensible à la force qui émanait de lui.

« Oui, Papa. Bien sûr », répondit-elle sagement, avec un calme rare qu’elle ne réservait que pour lui adresser la parole.

Promis, ce soir elle serait autre chose qu’une peste qui adorait, en raillant les autres, les chasser pour espérer retrouver sa solitude.

*

C’est comme un rêve. C’est brumeux.
Je regarde dans le miroir.

« Mademoiselle Yeabow, tenez vous correctement s’il vous plaît. »

La voix de la servante me parvient comme de loin. Je fais comme si je ne l’écoute pas, et je continue à bouger et à m’agiter dans tous les sens, parce qu’évidemment je n’aime pas me tenir tranquille, que je ne l’aime pas, et que je veux juste regarder dans le miroir.

« Mademoiselle Yeabow, je n’arrive pas à maintenir vos cheveux en place. »

La brosse me fait mal. Assise à la coiffeuse, j’ai envie de crier, mais je retiens les larmes qui perlent au coin de mes yeux, et je continue de regarder dans le miroir, tout en continuant de m’agiter.

Dans le miroir, il y a une petite fille.
J’ai six ans. Sept le mois prochain. J’ai de longs cheveux noirs qui coulent dans mon dos. Mes yeux sont sombres. J’ai envie de rire tout le temps. Je me moque de tout le monde. Personne n’est là pour m’apprendre ce qui est mal.
Il y a une petite fille dans le miroir, qui a un sourire malin.

« Mademoiselle Yeabow, vous êtes ravissante. »

Je ne suis pas ravissante.
J’ai une robe pourpre – c’est un peu violet, et c’est rouge aussi. C’est ma couleur préférée, mais c’est une robe compliquée, et je déteste les robes compliquées.

Mais j’aime, malgré moi, ces grands soirs de réceptions où l’on me gratifie de vêtements élégants, comme si j’étais une poupée ou un animal de compagnie particulièrement teigneux. Il y a beaucoup de lumières, beaucoup d’ornements, beaucoup de choses qui brillent ; je crois que tout ça ne sert à rien, mais il n’empêche que c’est un régal, un régal extraordinaire pour les yeux. « Spectaculaire ». J’adore ce mot. Je l’ai lu dans un livre, il y a longtemps. Trois mots. Mais je l’utilise et je l’entends à chaque fois comme si c’était la première fois. « Spectaculaire ». Comme un spectacle. Je ne suis jamais allée à un spectacle, je pense que c’est pour quand je serais plus grande, parce qu’aujourd’hui je suis stupide et je ne comprends rien, comme doit certainement penser Mère, mais j’imagine qu’il doit y avoir, comme ici, beaucoup de lumières, beaucoup d’ornements, beaucoup de choses qui brillent, qui font frémir le cœur, et qui au final ne servent à rien : c’est cela, un soir de réception au Manoir Yeabow.

Généralement, on me bannit dans les terres glacées de ma chambre, parce que je ne suis qu’une petite fille, bien sûr, comme dit Mère, mais le lendemain j’ai droit à ce qui reste de gâteaux et de friandises, parce que les adultes mangent quand même des friandises eux-aussi, et qu’ils s’en réservent plus que nous, même. Mais ce soir déroge à la règle, parce que même s’il n’y a pas grand-monde, les Crewe, comme a dit Papa, ont des enfants qu’ils ont pris avec eux, et il serait « malaisé » et « incommodant » que je les laisse s’amuser tous seuls – ce que, j’en suis certaine, nous préfèrerions tous les trois.

Je ne comprends pas toutes ces règles devant lesquelles il faut ployer sans arrêt. Rester dans ma chambre pour ne pas faire honte devant les invités ; sortir de ma chambre pour accueillir les invités, parce qu’il serait indigne d’agir autrement.

Alors, j’attends. J’attends qu’un jour ce petit corps de petite fille dans lequel je me sens à l’étroit s’élargisse, qu’il s’agrandisse, que je sois capable de réfléchir et de tout décider par moi-même, et que je cesse de devenir indépendante d’autorités supérieures invisibles et inconnues.

*

Lorsqu’ils arrivèrent, on traîna Yolanda les saluer.
La petite fille lança un regard très noir à sa mère, s’adressa très poliment à Monsieur et Madame Crewe, comme on le lui avait appris, et Madame Crewe s’empressa de commenter la situation, avec un sourire froid qui ne plut pas à Yolanda, en disant qu’elle était une très charmante enfant et qu’il faudrait absolument « unir leurs deux familles » ; en réponse, elle eu droit au même regard noir que Yolanda avait lancé à sa mère.

Elle voulut lancer un regard d’au-secours à son père, mais sa fierté la rattrapa, et au lieu d’yeux suppliants, ses deux prunelles arrogantes brillèrent avec fureur sous ses yeux froncés. Lentement, elle glissa un regard discret mais avide de curiosité sur les deux petits garçons qui accompagnaient leurs parents.

On distinguait très bien l’aîné du plus jeune, autant par leurs tailles et carrures respectives que par les expressions fixées sur leurs visages. L’un d’eux avait la même expression fière, qui plut beaucoup à Yolanda, parce que dans un premier temps elle eut l’impression qu’il était le reflet d’elle-même ; le second, d’apparence plus chétive, avait un très beau regard interrogateur, et paraissait intéressé par tout ce qui l’entourait. Yolanda n’avait jamais vu ce regard avant, et il la fascina un instant par son insouciance, mais elle se détourna bien vite – son air fragile n’était pas censé lui plaire, n’est-ce pas ?

Il y eut encore des paroles au miel amer, des bêtises qu’elle ne comprenait pas, puis les adultes les invitèrent, avec une gentillesse feinte, à disparaître hors de leur vue. Yolanda fut chargée de les conduire dans la pièce où ils devraient se ranger sagement jusqu’à la fin de la soirée. Sans un mot particulier à leur attention, elle se leva donc et les conduisit vers sa salle de jeu.

La salle de jeu, dans le Manoir Yeabow, était une pièce destinée à disparaître dans le futur, car le couple n’allait pas avoir d’autre enfant, que Yolanda grandirait rapidement, et qu’on n’aurait plus jamais besoin d’un endroit pareil. Il s’agissait d’un endroit très, très spacieux au premier étage, avec une superbe vue sur le parc du dehors et la petite fontaine. Il y avait des étagères avec les livres préférés de la petite fille – certains avec des images, d’autres non – quelques jeux qu’elle affectionnait particulièrement, des fauteuils particulièrement moelleux et une cheminée agréable.

Yolanda s’installa confortablement dans un fauteuil et hésita un instant. Est-ce qu’ils seraient de bons compagnons de jeux, ou devait-elle les laisser tous seuls dans leur coin, sans daigner leur adresser la parole ? Oh, elle ne savait pas…! Elle n’avait pas vraiment l’habitude de jouer avec d’autres enfants – on avait bien essayé de la faire fréquenter des petites filles de son rang, mais elles s’étaient très peu entendues avec elles. Mais d’un autre côté… Il y avait ce nouveau jeu qui lui avait germé dans la tête, l’autre jour, et qu’elle avait vraiment, vraiment envie d’essayer… Sauf que, seule, bien sûr, c’était très difficile de s’amuser… Devait-elle poser la question qui lui brûlait les lèvres, au risque d’essuyer un très pénible refus, ou se taire en silence et laisser passer l’occasion – à jamais ! – de jouer à son nouveau jeu ? Oh, c’était affreux… Elle ne savait pas… ! C’était tellement difficile. Son père, avec ses airs si gentils, savait-il dans quelles tortures allait-il précipiter sa fille unique ? Les adultes ne comprenaient rien, pour eux tout était si facile quand on était enfant, n’est-ce pas ?

Tant pis, elle se lançait. En effaçant rapidement le moindre vestige de timidité qu’il pouvait y avoir sur son visage, elle demanda, très sûre d’elle :

« Est-ce que vous avez déjà joué à Grindelwald-maître-du-monde ? » Elle reprit. « C’est très simple. Il faut un maître du monde, son fidèle serviteur, et un traître à son sang qui devra se cacher, et qu’on poursuivra. », expliqua-t-elle consciencieusement.

« Je jouerais le rôle du maître du monde ! »
Et au diable la politesse et l’hospitalité !



« Nul n'ira jusqu'au fond du rire d'un enfant... »


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]



HS : vous dites si vous n'êtes pas inspirés/voulez des modifications, je referais/modifierais certains passages si vous voulez.

_________________
[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

Oh ! je fus comme fou dans le premier moment !


Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement. Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance, tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ? Je voulais me briser le front sur le pavé ; puis je me révoltais, et, par moments, terrible, je fixais mes regards sur cette chose horrible. Il me semblait que tout n'était qu'un affreux rêve, qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté, que je l'entendais rire en la chambre à côté, que c'était impossible enfin qu'elle fût morte, et que j'allais la voir entrer par cette porte !
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« Je veux que tout soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir » ∆ Flash-Back

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