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 Théodore Crewe, ft. Robert Downey Jr

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AuteurMessage

Je me nomme
Théodore Crewe

avatar



✝ Arrivée à Vienne : 18/09/2012
✝ Sorts : 50
✝ Statut : Les femmes, le Quidditch, le théâtre ; Directeur du Département de la Justice Magique
✝ Localisation : Le lit de Yolanda



MessageSujet: Théodore Crewe, ft. Robert Downey Jr   Mar 1 Jan - 11:11


Théodore Crewe
« Did you love me ? Ever ? »

NomCrewe
Prénom(s) Théodore
Date de naissance19 mai 1907
Âge36 ans
Ecole fréquentée, et filière choisiePoudlard ; Serpentard
Statut de SangSang-Pur
NationalitéAnglaise
SituationCollectionne les amantes, même s'il est depuis quelques années assez fidèle à Yolanda Yeabow
HabitationPossède un appartement luxueux dans les plus beaux quartiers de Londres ainsi qu'une demeure offerte par le Mage Noir à Vienne même.
AvatarRobert Downey Jr
Baguette26 centimètres et demis, bois d'if, souple
LoisirsLes femmes, le Quidditch, le théâtre
EpouvantardLa silhouette de Jonathan Crewe
PatronusRenard
MétierDirecteur du département de la Justice Magique
Localisation actuelleVienne
Pro-Grindelwald ?C'est un de ses plus fidèles serviteurs.
RêveSurpasser Jonathan Crewe.
..IL ETAIT UNE FOIS..
..IL Y A BIEN LONGTEMPS.
.


3 Septembre 1945. Il bâille, la bouche légèrement écartée, les yeux un peu plissés, puis sa main traîne sur la table et saisit un cigare. Il le porte à sa bouche, élève sa baguette et l'allume d'un mouvement du poignet. Il tire profondément, les yeux fermés, engourdi par le tabac, puis sourit. Il va un peu mieux ; cela le soulage, le tranquillise, après cette journée lassante au possible qu’il vient de passer. Il ressert son peignoir vert, la ceinture argentée qui le tient, et sourit en se souvenant de la tête qu'avait faite une jolie servante lorsque son vêtement s'était ouvert dans les escaliers. Il se met à descendre ces derniers, ses pantoufles Chabel - du luxe ! - claquant sur le marbre précieux. Son nez se fronce élégamment devant le bruit, qu'il déteste.

Élégant. Il l'est toujours, Théodore, c'est sa marque de fabrique. Élégant, distingué, charmant. EDC. Edward David Crewe, un ancêtre. Il avait trouvé cela divertissant, en réalisant cette coïncidence. Il est digne, donc, digne et classe. Aussi, sa maison doit lui ressembler, se rapprocher de lui. Tout est sobre, moderne, majestueux, chez lui. Chez lui. Sa maisonnée aurait pu être un manoir, un palace. Il n'a qu'une vulgaire maison deux étages, aussi grande que le premier de l'habitat de son enfance. Il aurait dû être sien, ses pieds auraient dû le fouler ; mais il y avait eu son frère, si adorable, et son père, si fier. La maison lui a échappée. Encore heureux, il dispose d'une habitation correcte, agréable, quoiqu’un peu inférieure à l’homme qu’il est : un cadeau de son maître. Son salaire d'employé au Ministère lui permettrait de s'offrir quelque chose par soi-même ; les directeurs sont bien payés, d’autant plus qu’il a une influence importante sur le comptable ; mais on ne refuse décemment pas un présent de Grindelwald. Souvent, il râle à s'en farcir l'âme contre son métier, contre les horaires de bureaux ; il déteste cela. Puis, il se souvient des soirées aux restaurants chics, des primes tous les mois, des secrétaires agréables et joueuses, des relations avec les plus hauts placés, et il arrête de grogner. Tous ces avantages valent bien des journées à tourner une cuillère dans son café.

Il ne faut pas croire qu’il ne travaille pas, ce serait faux, complètement, un mensonge. Il a juste une manière différente de s’y mettre. La nuit, principalement. La journée, il préférerait dormir, ou bien s’amuser. Ses facultés sont développées la nuit, il réfléchit plus vite, plus logiquement. Il est dans son élément ; le noir, le sombre l’entoure, il se sent bien, il s’active. Malheureusement, le Ministère ferme la nuit et demande les dossiers rendus à midi. Midi. Quelle bêtise ! A midi, on mange, on ne travaille pas. Il est scrupuleux dans ses horaires ; il déjeune et dine toujours à la même heure, se réveille à sept heures et demie, se couche à trois heures du matin, prend son thé à quatre heures de l’après-midi. Il n’admet pas les retards, ça l’irrite, il exècre cela. Ça amuse ses collègues, parait-il. Il s’en fiche un peu, il est ainsi, tant pis ; le Ministère s’y pliera.

Il est arrivé au rez-de-chaussée, un majordome se précipite, s’incline et tend une lettre du bout des doigts. Le maitre de maison observe d’un air narquois sa courbette puis saisit l’enveloppe tendue. Il ne la regarde même pas, la glisse simplement dans une poche de son peignoir. Le domestique veut parler, hésite, finit par reculer en disant simplement qu’un petit-déjeuner attend monsieur dans le salon privé. Il s’y dirige, ses yeux se plissant devant les fenêtres ouvertes. Il déteste le soleil, ça brille et c’est adulé, tout le monde le veut, tout le temps. Cela lui rappelle son frère, ce crétin de Jonathan. Si brillant, si généreux ! Un vrai soleil ! Ses lèvres se relèvent, dédaigneuses, et il préfère reposer ses yeux sur le plafond blanc, uni. Arrivé au salon, il saisit sa tasse de café fumante, respire les arômes qui s’en dégagent puis s’assit gracieusement dans son fauteuil fétiche. Situé près du feu ensorcelé, il permet d’atteindre l’étagère à cigares et le tiroir à revues. Les cigares, son péché mignon. Il en a partout, chez lui, au bureau, dans ses poches. Il faut qu’ils soient à portée de mains, toujours ; Théodore tire dessus pour calmer ses nerfs. Cela arrive trop souvent, à en juger les grimaces de sa secrétaire et les soupirs de la population. Cette dernière préfère les amorphes aux colériques et décidés. Elle favorise les Jonathan aux Théodore. Théodore lève précipitamment la main, tire brusquement sur son cigare et ferme les yeux. Oublier Jonathan, ne pas le haïr si tôt. C’est dimanche matin, les ennuis doivent rester sur le palier.

Il doit s’occuper ou il pensera encore à ce frère maudit, à cette jalousie et à cette haine. Sa main ressort l’enveloppe de sa poche et, sans observer le destinataire, la décachète. C’est folie, une telle imprudence ; la lettre pourrait provenir d’un citoyen mécontent - le climat politique est de plus en plus tendu ces temps-ci, qui plus est, il est vraiment dangereux de faire preuve d'une telle insouciance. Néanmoins, Théodore s’ennuie, veut se vider l’esprit, et tant pis si il lui faut finir avec des pustules vertes pour cela. Le parchemin est ouvert, il est jauni, vieillot. Ses lèvres s’étirent en une grimace. Qui donc pourrait lui écrire sur un papier pareil ? C’est si peu élégant, il déteste cela. Déjà ennuyé, une moue lasse prenant place sur son visage, il pose les yeux sur l’écriture penchée, distinguée, posée sur le papier. Ses sourcils se froncent, son dos se redresse sur le fauteuil. Qu’est-ce que… Il reconnait cette écriture, évidemment, puisqu’il s’agit de la sienne !

Il pose brusquement la lettre sur une table basse, se relève et tire longuement sur son cigare. Se calmer, comprendre, ne pas s’emporter avant… Et pourtant, il le voudrait ! Il déteste les farces, les stupidités qui lui font perdre son temps. Sa voix tonne finalement, le majordome arrive en courant. Il s’incline, n’ose pas se relever, pas quand le maître est fâché. Il n'est qu'un simple né-moldu, une race inférieure, il risque trop à subir le courroux de son maître. Théodore s’approche et sa voix est doucereuse quand il demande ce qu’est cette mascarade. Le domestique balbutie, ne comprend pas ; il tente d’expliquer qu’il a trouvé la lettre sur le palier le matin même, qu’il n’a rien fait, qu’il ne se moquerait jamais du maître. Ce dernier s’agace, cet idiot l’ennuie à babiller comme un enfant. Il s’énerve, le congédie brusquement. On est dimanche matin, il faut rester calme. Souriant. Comme Jonathan.

Il secoue la tête, ses traits se crispent. Pourquoi pense-t-il autant à cet imbécile, aujourd’hui ? Ça l’irrite, l’énerve, il est invivable. Seul le cigare à ses lèvres le supporte, et c’est réciproque. Lassé, ennuyé, il finit par saisir la lettre. Autant lire des stupidités pour se calmer, passer la matinée. Ce midi, il déjeune avec le conseiller du ministre, cet après-midi, il joue au Quidditch avec le directeur du Département des Mystères, ce soir, il dîne avec Alexander, le ministre, son meilleur ami. Il doit juste occuper sa matinée. Il prend sa tasse de café dans une main, pose le cigare sur un cendrier et, finalement, saisit la lettre. Il se glisse confortablement dans le fauteuil, boit une gorgée de sa boisson et le liquide lui brûle la gorge. Il s’étire le cou, cligne des yeux puis commence à lire. Juste pour occuper sa matinée.

Le 2 Septembre 1918,
Dortoir des premières années,
Cachot des Serpentard,
Poudlard.

A Théodore Crewe,
Où qu’il se trouve.

Cher Théodore Crewe,

Si tu es toujours tel que je suis, tu auras déjà reconnu l’écriture, te seras demandé quelle est cette farce insultante et, surtout, si peu digne de ton temps précieux puis, parce que nous sommes un Dimanche chez toi - j'ai vérifié -, tu as décidé de passer la matinée à finalement me lire, parce que tu n'as rien d'autre à faire. Alors, maintenant que tu es bien installé sur ton fauteuil, un café à la main, je peux commencer véritablement cette lettre.

Peut-être t’en souviens-tu déjà, que la petite introduction qui va suivre ne te servira à rien mais, sait-on jamais. Si je t’écris cette lettre, c’est à cause d’un jeu entre mon petit frère, Jonathan, et moi. Je viens d’entrer à Poudlard, vois-tu, et pour tenter de réduire la douleur de l’absence, j’ai inventé un procédé qui lui permettra de se sentir moins mal ; j’ai mis en place entre nous deux un secret qui nous est propre. Aussi doit-on s’écrire une lettre, à notre nous dans vingt-sept ans, et nous l’envoyer à l’âge que nous atteindrons alors (tu en auras trente-huit, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que c’est vieux !). Grâce à ces lettres, mon frère et moi partageons un secret qui nous lie encore, malgré la distance qui nous sépare. Jonathan a adoré l’idée mais je suis sûr qu’il peine atrocement, à l’heure qu’il est, à écrire cette lettre. Je dois avouer que, maintenant que cette petite introduction est terminée, je me retrouve un peu à courts de mots, ne sachant que dire à l’homme que tu es, l’homme que je suis, grandi de vingt-sept ans.

En même temps, si tu as poursuivi ta lecture jusqu’ici, cela voudrait dire que tu es un minimum intéressé – et cesse de cacher cela derrière des « Je m’ennuie ! ». Je te connais, vu que tu es moi, et je suis persuadé que tu continues de dire ça, juste pour ne pas admettre que quelque chose de trop indigne pour l’homme que tu es puisse t’intriguer. D’ailleurs, quel homme es-tu devenu ? Est-ce père est enfin fier de toi ?

Je lui ai envoyé une lettre il y a quelques jours, pour l’informer de ma répartition à Serpentard. C’est mère qui m’a répondu. J’espère qu’il ne m’en veut pas trop, d’avoir été là-bas. J’ai bien vu qu’il me parlait tout le temps de Gryffondor, à la maison, dans l’espoir que j’y atterrisse. J’aurais bien voulu persuader le Choixpeau de m’y envoyer mais, comme tu le sais, ça n’a pas marché. A vrai dire, je n’ai rien eu le temps de penser, à peine m’avait-il touché que j’étais réparti. Je suis en train de me dire, heureusement que je n’ai pas dit cela à mon père, il aurait été sacrément dégoûté. Enfin, j’ai l’habitude ; tout ce que je fais n’est jamais bien, jamais assez. Ça ne pouvait qu’être pareil avec ma répartition.

Tu te souviens, dis, de la fois où j’ai fait de la magie pour la première fois ? Je crois que, ce jour-là, père a enfoncé une flèche dans mon cœur et l’a faite tourner un million de fois. Je te le raconte quand même, ce moment, mon parchemin est encore long, j’ai du temps et, surtout, une envie de me libérer. A qui d’autres pourrais-je parler de tout cela, sinon à moi-même ? Donc, c’était une journée ensoleillée, évidemment. J’étais heureux, Mère était sortie avec moi dans le parc du Manoir et nous mangions des petits biscuits ensemble. Puis, j’avais voulu aller nager, et Mère avait refusé, parce qu’il faisait trop froid. Têtu comme je suis, j’avais insisté et Mère s’était énervée. Alors, d’un coup, j’étais devenu tout rouge et la théière –heureusement refroidie !- s’était déversée sur Mère. Elle avait gardé le silence, me fixant de ses deux yeux bleus qui électrisent, avant de secouer la tête et de venir me serrer dans ses bras. Je n’ai pas tout compris sur le moment, mais je sais maintenant que la bêtise avait été moins importante que le fait que j’aie enfin usé de pouvoirs magiques. Pour mon père, évidemment, ce ne fut pas le cas. Il m’avait grondé, sévèrement, et lorsque Mère lui avait dit que ce n’était pas grave, que j’étais un sorcier maintenant, il n’avait fait que me regarder de haut, comme pour dire que ce n’était pas une surprise, qu’il ne fallait pas en faire tout un plat.

Est-ce que père est toujours aussi si peu fier de moi ? Je veux dire, tous les parents ont peur un jour ou l’autre que leur enfant finisse Cracmol et Père n’avait même pas sourit, ni rien. Imagine un peu, si j'avais été une de ces hontes de la société... Est-ce que l'idée n'avait que si peu dérangé père ? Ai-je besoin de te rappeler ce qu’il a fait lorsque Jonathan, lui, a eu ses pouvoirs magiques ? Oui, voilà. Tu as compris, si jamais l’avais-tu oublié. C’est rageant, vraiment. Je fais tout ce que je peux pour que Papa soit un minimum fier de moi et lui s’en fiche tout à fait. Je ne vois même pas pourquoi je continue d’y croire, de faire des efforts. Peu lui importe, si j’ai de bonnes notes, si je suis le meilleur, parce que ça ne sera jamais le cas. Il y aura toujours Jonathan, le petit et adorable Jonathan, avant moi. Je ne sais pas si Père se rend compte de la relation qu’il instaure entre mon frère et moi, en faisant ses préférences. Je les aime tous les deux, énormément, mais je ne peux m’empêcher de jalouser Jonathan très fort. Je ne comprends pas ce qu’il a de plus que moi pour que Père le favorise. Est-ce que tu as fini par voir pourquoi ? Peut-être t’es-tu même disputé avec Père et ce dernier t’a craché la vérité au visage. J’aimerais tellement le savoir, pour pouvoir changer et lui plaire, au moins un peu.

Enfin, tu sais, je me plains tout le temps de cela, peut-être le fais-tu toujours, mais je ne suis pas si malheureux que cela. Mère me soutient, elle ! Elle est dans mon camp et je dois avouer que je passais le plus clair de mon temps avec elle quand j’étais encore au manoir, vu que Père m’ignore beaucoup. Mais disons que Mère n’est pas tout à fait comme Père. Moins expressive, moins câline, surtout maintenant que je suis un grand garçon. J’aime néanmoins beaucoup passer du temps avec elle, Mère m’apprend des choses très intéressantes, que je n’aurais jamais pensé à chercher par moi-même. En vrai, elle n’aurait même pas eu besoin de me les instruire, j’étais censé le savoir au fond de moi, toujours. Mais je suppose que Père, qui ne croit pas du tout en ce qu’elle m’a inculqué –est-ce ceci qui fait qu’il ne m’aime pas ?-, a réussi à taire un peu ce pouvoir en moi en contrebalançant avec de l’amour, quand Jonathan n’était pas là, mais surtout avec une éthique très libérale. Quoiqu’il en soit, maintenant je sais tout, et j’adore cela ! Tu n’as pas oublié, n’est-ce pas, que tu es supérieur à tellement de monde ! Devant toi, tous ces idiots de sang-de-bourbes doivent s’incliner, les traitres-à-leur-sang aussi, pas vrai ? Enfin, pour les traitres-à-leur-sang, c’est plus compliqué, parce que Père en est un, justement. Vous êtes vous totalement brouillés à cause de cela ? Je ne sais pas si je le veux, malgré tout j’aime Père, mais j’avoue que ses pensées et propos sont assez indignes. Comment peut-il penser que tout le monde est égal ? Ça me révulse ! Père et Mère ne se parlent plus depuis longtemps à cause de cela et je crois même qu’ils se seraient séparés si c’était autorisé chez les Sang-Pur. Mais, le pire dans tout cela, c’est que Jonathan traîne beaucoup avec Père, et j’ai peur qu’il lui fasse accepter ses idioties ! Tu imagines si John croit que les sang-de-bourbes sont nos égaux ? J’espère sincèrement qu’il a rejoint ton – mon- point de vue !

Mère m’a parlé d’une organisation, immense !, qui soutient tout ce que je pense, d’ailleurs. J’espère que je pourrais l’intégrer, un jour ! J’adorerais montrer aux sang-de-bourbes ce qu’ils valent, les remettre à leur place ! Ah, comment je rêve d’y entrer ! J’aimerais tellement faire partie du groupe et en être influent ! Etre quelqu’un vers qui on se tournerait, être important quelque part, supérieur ! Pour montrer enfin à Jonathan que je suis meilleur que lui quelque part.

Tu trouves peut-être ça puéril comme manière de penser, toi qui est surement maintenant mature et qui a perdu toute jalousie envers ton frère cadet. Mais tu te souviens surement des heures que tu as passé à pleurer, enfant, adolescent même, surement, par jalousie, par haine et malaise. Pourquoi est-il aussi aimé, pourquoi est-il aussi chaleureux, généreux, brillant ? Pourquoi Jonathan, toujours ? Est-ce que tu as les réponses, maintenant ? Est-ce que tu sais ? Ou bien peut-être que, pour une fois, c’est toi qui lui est supérieur, peut-être que maintenant, Jonathan sait ce que ça fait, d’être deuxième. Surtout qu’il devrait l’être depuis le départ, deuxième ! C’est mon petit frère et il m’a pourtant balancé sur le côté, prenant toutes les gloires et admirations. Je me fais un peu peur, tu sais ? Je suis déjà si aigri, si jaloux à mon âge. Est-ce que cela s’arrangera ? Est-ce que tu es pire que moi ? Je ris, là, tu sais ? Je ris de ce petit ricanement jaune, qui fait toujours grincer des dents Jonathan. Je ris de cet air mauvais que personne n’aime. Je ris parce que j’en ai marre, parce que j’ai mal, et parce que la vision de moi-même, à trente-sept ans, aigri et mauvais me fait rire. C’est débile, n’est-ce pas ?

D’autant plus que je suis persuadé que tu ne l’es pas, aigri. Toujours jaloux, peut-être. Il y a de ces sentiments qui ne nous quittent jamais. Après, peut-être que ta jalousie a évolué, peut-être n’est-elle plus que rancœur, si maintenant tu as dépassé Jonathan, si tu as retrouvé ton rang d’aîné. Enfin, vu comment c’est parti, j’en doute un peu, malheureusement. J’aimerais tellement pouvoir savoir ce que je suis devenu, ce que tu es. Es-tu influent ? Vis-tu au manoir ? Parles-tu toujours à Jonathan ? Où a-t-il été réparti ? Mère est-elle toujours vivante ? Et Père, est-il fier ? Je ressasse ces questions depuis le départ, subtilement ou non, et je me doute que tu les as vues. Ça me tue, d’être ignorant, en plus d’être insuffisant. Parce que oui, je suis insuffisant. Pas assez intelligent, pas assez gentil, pas assez déterminé, juste incomplet. Insuffisant. Il faut qu’on me complète, je ne le suis pas. Insuffisant. Personne ne l’a dit, vraiment, mais cela pèse sur moi, je le ressens. Insuffisant. J’espère qu’un jour, j’aurais une autre marque de fabrique. Quelque chose de plus élégant. Raffiné.

Es-tu toujours aussi strict, dans ta vie, sur tes horaires ?

D’ailleurs, il est dix-neuf heures et demie, je dois aller dîner - en plus, Mcnair m'attend, il n'arrête pas de râler. Si tu n’as pas changé, si je n’ai pas changé, plutôt, tu comprends l’importance d’y aller maintenant. Je troublerais mes horloges internes, sinon ! C’est psychologique. Les gens ne comprennent pas cela, ils en rient. Je les verrais bien, moi, avoir des manies aussi chiantes que les miennes ; je découvrirais alors s’ils riront toujours. Enfin, j’y vais. Je poursuivrais à vingt-deux heures, j’ai une interro de potions à réviser, avant, et j'ai aussi promis à Evangelie de l'aider en Métamorphose. La pauvre, elle n'y comprend absolument rien ! Heureusement que je suis là, tout de même - aurais-je trouvé ce en quoi je sers ?

Théodore cligne des yeux. Il a oublié son café, reposé sur la table. Il doit être glacé, à présent. Le maitre de maison laisse tomber sa tête sur le dossier, reposant son bras sur ses genoux. Cette lettre… Il l'avait totalement oublié. Cette plume d’adolescent lui rappelle des souvenirs qu’il aurait aimé oublier. Il ne se souvenait pas être aussi jaloux, à cet âge déjà. Avec un rictus, il songe que ça n’est pas allé en s’améliorant. Il a trente-huit ans, maintenant, et il est peut-être pire qu’avant. Son soi adolescent avait raison, Jonathan est toujours mieux, toujours plus aimé. Enfin, il s’est un peu plus intégré à la société, il n’y a qu’à voir les weekends qu’il passe, mais c’est simplement parce qu’il travaille au Ministère, parce qu’il est monté en grade, et le fait qu'il soit un fidèle influent de Grindelwald a fortement aidé. Ce n'est pas vraiment pour ses capacités de directeur, qu'il a été nommé, c'est plutôt pour sa fidélité, pour que le Maître ait un homme de confiance dans ses employés, près de lui. Il travaillait à Londres, avant, en tant que sous-directeur du Département de la Justice Magique ; Grindelwald l'a muté ici après l'avoir remarqué, il y a trois quatre ans. Pour le motiver à quitter son pays, son Angleterre natale, il lui a promis un poste de Directeur, du même département. Théodore a cédé, c'est une reconnaissance, c'est du pouvoir, tout ce dont il a rêvé. Et, ainsi, il est plus proche de Grindelwald, du centre des organisations meurtrières, des plans, il est en pleine Vienne, Vienne qu'il admire et adore. Son adoration a longuement été développée par son ami d'enfance, Alexander Kabiez, qui depuis leur première année Poudlard lui vante les mérites de l'Europe de l'Est, de la belle Vienne. Grâce à lui, également, il a intégré les rangs de Grindelwald, rendant réalité toutes les idées que sa mère a un jour glissée en lui. Il doit vraiment beaucoup à Alexander. Beaucoup. Théodore quitte son fauteuil, rallume son cigare.

Au moins une chose qu'il a accomplie, de ses rêves d'enfants : entrer chez Grindelwald et y devenir quelqu'un d'important. Dans ce groupe, l'ombre de Jonathan n'est plus là pour le narguer, le rabaisser. Évidemment, parce que son frère a choisi le clan des gentils, le monde adoré de son très cher Père. Son rictus revenant, Théodore tire brusquement sur son cigare. Son très cher Père, oui. Qu'il aille brûler en enfer ! Tout était de sa faute, avec son favoritisme, ses idées de traître-à-son-sang et toutes ces idioties ! Il avait souvent rêvé d'un père normal, d'un vrai Sang-Pur qui ne lui ferait pas honte et qui aimerait ses fils comme il le fallait. Mais, plus encore que son père, il détestait son frère, ce Jonathan, plus que tout. Il était trop parfait, trop gentil, trop doué, trop beau. Il écrasait Théodore, lui prenait sa place d'aîné, satisfaisant leur Père au possible, qui occultait alors les efforts de son grand fils. Après tout, pourquoi se soucier d'un idiot de Serpentard quand le fils que vous avez toujours plus aimé vous écoute et est un véritable Gryffondor ? Théodore rageait de voir dans les yeux de son père une lueur, lorsqu'il les posait sur Jonathan, qu'il ne discernait pas quand il le regardait. Pourquoi pas lui ? Sa jalousie et sa rancœur ne se sont pas éteintes, non. Elles les rongent, chaque jour davantage ; Jonathan est partout. Un simple sourire peut lui rappeler son frère, si génial, qui rit toujours, qui est si agréable. Tandis que lui… Lui, qu’est-il ? Le Serpentard impassible, aux sourires rares, à l’air mystérieux qui ne plait que moyennement ; le colérique qui tire sur ses cigares cubains à longueur de journée. On ne l’aime pas ou, du moins, on préfère son frère. Il en a eu maintes fois la preuve, comme avec cette Héloïse Nott. Une jeune fille de Serdaigle, d’un an sa cadette, Sang-Pur, tout à fait respectable. Théodore en était amoureux fou, bien qu’il ne se le fut jamais admit. Mais elle… Elle, elle préférait Jonathan. C’est ce qu’elle lui avait soufflé, lorsqu’il lui avait demandé de sortir avec lui. « Je suis désolée, je ne peux pas accepter alors que j’aime Jonathan ». Ça lui avait brisé le cœur, lamentablement. Néanmoins, maintenant qu’il y repense c’est peut-être cet évènement qui transforma sa jalousie en haine. Les sentiments les plus bénins se modifient atrocement à cause d’une simple peine de cœur. Pitoyable. Pitoyable, c’est un peu ce qu’il est. Enfin, ça c’était avant. A présent, il savait charmer, il savait attirer et sourire, aguicheur. Mais, encore une fois, il s’y forçait. Il en faisait exprès, alors que tout semblait naturel chez Jonathan. Leurs parents avaient du rajouter une pincée magique, une cuillère de talent, lorsqu’ils avaient fait son petit frère. Sinon, que pouvait expliquer cette différence ? Cette adoration de Jonathan ?

Heureusement, quelques personnes le soutenaient. Sa mère, toujours, était derrière lui, le vantant et clamant sa fierté. Il lui devait beaucoup, d’être toujours en vie, notamment, et pas derrière les barreaux d’Azkaban - il avait souhaité la mort de son père un trop grand nombre de fois pour que cela soit innocent. Alexander, aussi, qui l'avait soutenu, qui l'avait aimé, comme un frère, remplaçant l'être que Jonathan n'avait pas été. Alexander, qui l'avait aidé, qui lui avait redonné espoir. Alexander, son très cher ami. Il méritait absolument son rôle de Ministre. Quand Grindelwald leur avait dit hésiter entre eux deux, et qu'il avait finalement opté pour Alexander, Théodore n'avait ressenti aucune jalousie. Il n'y avait jamais rien eu d'aussi puéril entre eux d'eux. Jamais, et que Merlin les préserve. En se rasseyant dans son fauteuil favori, Théodore jette un regard au portrait de sa mère, au dessus de la cheminée. Ses lèvres s’étirent en un sourire douloureux. Il n’avait jamais imaginé être autant attaché à elle et, pourtant, en relisant cette lettre, en se souvenant de sa présence à ses côtés, tout l’amour qu’il lui avait porté lui revenait. Sa Mère, non seulement le poussait-elle à mieux faire, à décupler d’efforts, mais tentait également de se rapprocher de lui, de converser, de lui montrer sa fierté ; elle au naturel réservé et silencieux. Merlin, qu’elle lui manquait ! Il se souvient, lorsqu’il était enfant, il lui jurait qu’il ne serait jamais séparé et que, lorsqu’il serait influent auprès de Grindelwald, il ferait en sorte qu’elle soit toujours heureuse et qu’elle ne meure jamais. Il l’avait peut-être rendue heureuse mais il n’avait su empêcher la vie de mener son cours et supportait à présent l’absence d’une mère. Est-il nécessaire de préciser l'indifférence que provoqua, au contraire, le décès de son Père ? Enfin, indifférence... Il avait tout de même eu un éclat de colère, lorsqu'il avait prit connaissance du testament de cet imbécile. Tout revenait à Jonathan. Tout ! N'était-il pourtant pas l'aîné ? Cela n'avait rien fait, il avait été totalement occulté ! Peut-être que si il avait été à Gryffondor, son dû ne lui aurait pas échappé ?

Sa main se crispe sur son cigare tandis qu'un sourire mauvais fleurit sur ses lèvres et, d’un geste brusque, il réchauffe sa tasse de café de sa baguette. Les yeux dans le vague, posés sur la tasse dorénavant fumante, Théodore songe qu’il n’a pas du tout changé, que les mêmes questions le taraudent sans fin et, qu’à celles-ci s’ajoutent celles de sa vie et de ses soucis d’adulte. Il aurait presque souhaité rester enfant. Ses pensées revenant sur l’adolescent qu’il était, ses prunelles tombent sur la lettre, près de la tasse, et il se penche pour la reprendre. Il lui reste un ou deux paragraphes à lire, croit-il. Il devrait faire cela avant que l’heure de déjeuner n’arrive ; il doit se préparer pour sortir. Reprenant sa tasse de café en main, tenant la lettre de l’autre, Théodore se cale confortablement dans son fauteuil et, soupirant, poursuit sa lecture.

Il est vingt-deux heures et quatres minutes ; j'ai donc quatre minutes de retard. C'est perturbant. Enfin, revenons-en à cette lettre. En essayant de travailler, je dois avouer que mon esprit ne cessait pas d'y repenser - je dois à ceci mes minutes de retard - et maintenant que je me retrouve de nouveau confronté au parchemin, mes idées semblent s'être dissipées. C'est idiot, n'est-ce pas ? Je me demande vraiment ce que tu ressens, en lisant cette lettre, mon très cher moi adulte.

Adulte. C'est loin, la majorité. Encore six ans ; ça me parait être une éternité ! Pour toi, ce n'est plus qu'un vague souvenir, depuis vingt-et-un ans que tu l'es... Qu'es-tu devenu ? Que suis-je devenu ? Quel métier j'exerce ? J'ai toujours voulu être Ministre de la Magie ! Ca doit être tellement bien, de présider tout le monde, d'être le représentant du Royaume-Uni, d'avoir le droit de tout décider, de censurer et de soutenir. J'imagine une Grande-Bretagne à ma façon, aussi logique et puissante que je puis l'être. Enfin, ce ne sont que des rêves, et combien souhaitent devenir Ministre ! Ce serait vraiment un miracle si je finissais par le devenir, d'autant plus que je ne suis pas très doué, en cours. Évidemment, je me débrouille et je n'ai jamais eu de D ou de P, mais je n'ai jamais vu un joli O sur mes copies non plus. Je suis un élève moyen, mais je compense avec une forte agilité, une bonne logique et puis, je suis très ambitieux ! Est-ce que tu l'es toujours ? Mère rit tout le temps en disant qu'elle n'avait jamais vu un gamin aussi ambitieux puis elle ajoute que je dois toujours garder cette mentalité là et que c'est ainsi que j'arriverais à bien monter dans la hiérarchie sociale. As-tu, pour une fois, au moins, écouté ta Mère, mon grand Théodore ? Je suppose que c'est compliqué de perdre ou de garder volontairement un trait de caractère. J'espère donc que je n'aie pas trop changé.

T'es-tu jamais demandé si, enfant, tu aurais été fier de ce que tu es à présent ? Moi, je me demande souvent si l'homme que je serais regrettera l'enfant que je suis. J'aimerais tellement que tu puisses me dire ! J'aurais voulu pouvoir changer afin de contenter au possible l'homme adulte que tu es. Mais, aussi, si je changeais, tu changerais également et, au fond, resterai-je vraiment moi-même ? Je ne le sais pas, et je dois m'avouer trop fatigué pour y penser davantage. Je pense aller me coucher. Je vais conclure cette lettre, donc, en te laissant avec ces rêves et ces questions d'enfant. J'espère tout de même sincèrement que tu ne regrettes pas l'enfant que tu fus un jour.

A bientôt, très cher moi,

Théodore Crewe, 11 ans.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Il boit sa dernière gorgée de café, repose la tasse, et joue un instant des doigts avec le parchemin. Non. Non, il ne regrette pas l'enfant qu'il fut. Si il regrette quelque chose, ça ne sera que le frère trop adorable, trop merveilleux qu'il eut. Ca ne sera que Jonathan. Tout aurait été tellement plus simple, sans lui. Il aurait été aimé par son père, n'aurait pas souffert de cette compétitivité entre eux. Ou, du moins, laissons Jonathan ; enlevons simplement le favoritisme de son père. Ils auraient alors été des frères normaux, à se disputer pour des bêtises, et non pas par grosse jalousie. Ils n'auraient pas commencé à ne plus se parler, seulement s'insulter, quand John avait fini à Gryffondor. Ils n'auraient pas arrêté complètement de se parler lorsqu'ils avaient chacun choisi un parti ; lui Grindelwald, Jonathan la Résistance. Ils auraient simplement été des frères normaux. Néanmoins, rien ne s'était passé ainsi, et refaire le monde avec des « et si » ne le mènera à rien. Il avait tout de même eu une certaine vengeance sur Jonathan. Il lui avait volé son ancienne amante, il lui avait pris Yolanda Yeabow. Leur histoire était compliquée, à Jonathan et elle, leur lien était ambiguë, et Théodore en était souvent encore jaloux. Mais, au final, Yolanda était avec lui, aujourd'hui, pas avec Jonathan. Ils étaient amants depuis de longues années, six, peut-être un peu moins. Une éternité. Ils étaient venus ensemble à Vienne, demandés par Grindelwald, aussi influents l'un que l'autre. Ils ne vivaient pas ensemble ; cela ferait jaser la société plus encore que maintenant, étant donné qu'ils n'étaient ni mariés ni même fiancés. Mais c'était tout ce qu'il avait eu ; Yolanda. C'était une grande victoire, et ca ne s'arrêtait pas ici, évidement, il y avait bien plus qu'une histoire de vengeance entre eux. Mais tout partait de là. Une vengeance.

Une vie basée sur l'envie de surpasser Jonathan. De faire mieux. Et peut-être y arriverait-il un jour. Pour le moment, Théodore doit simplement se préparer pour son déjeuner. Un conseiller du Ministre n'attend pas indéfiniment, aussi influent soit-il. Et puis, peut-être qu'en rentrant, il ira voir le portrait de sa très chère mère et lui dire combien elle comptait pour lui.









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Âge15 ans
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Dernière édition par Théodore Crewe le Lun 14 Jan - 18:29, édité 3 fois
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Yolanda Yeabow

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MessageSujet: Re: Théodore Crewe, ft. Robert Downey Jr   Ven 4 Jan - 0:08

Superbe fiche, mon amour mouton
Tu fais officiellement partie du club des validés o/

_________________


Oh ! je fus comme fou dans le premier moment !


Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement. Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance, tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ? Je voulais me briser le front sur le pavé ; puis je me révoltais, et, par moments, terrible, je fixais mes regards sur cette chose horrible. Il me semblait que tout n'était qu'un affreux rêve, qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté, que je l'entendais rire en la chambre à côté, que c'était impossible enfin qu'elle fût morte, et que j'allais la voir entrer par cette porte !
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Théodore Crewe, ft. Robert Downey Jr

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